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Contre-enquête sur le comte et la comtesse de Paris

Réagissez !

"On m'a souvent prise pour une bécasse"
C'est toute une époque qui disparaît le 11 juillet 2003, jour des funérailles de la Comtesse de Paris. La famille de France et le Gotha sont rassemblés à Dreux pour rendre hommage à une femme qui ne laissait personne indifférent. Insolente et touchante, pimpante et indigne, bavarde mais secrète, Isabelle d'Orléans Bragance aura fasciné sa famille, ses proches et les monarchistes. Extraits.

On l'imagine très bien sur un petit nuage, tout parsemé de fleurs de lys, le chignon argenté parfaitement lissé, ses perles aux oreilles et, bien sûr, une cigarette à la main. Et zut, pour tous ceux, ses filles en tête, qui prétendaient lui interdire de fumer sous prétexte que cela nuisait à sa santé. Le regard gris bleu, légèrement indiscret, pétille de malice. Même en arrivant chez le Bon Dieu, Isabelle d'Orléans Bragance, Comtesse de Paris, reste fidèle à son image de vieille dame pimpante et indigne. De son vivant, rien ne l'agaçait plus que ce label "Comtesse de Ségur" que les bonnes âmes lui collaient volontiers. "Je n'ai pourtant rien d'une dame d'œuvre confite en dévotion, s'étonnait-elle."

Il s'en fallait de beaucoup. Imprévisible, gourmande, bavarde, et parfois même insolente, Isabelle d'Orléans Bragance appliquait à l'extrême le fameux axiome : "Cultivez vos défauts, c'est ce que vous avez de mieux." (...) Susciter l'admiration, sans en avoir l'air, y compris chez ses détracteurs, cela s'appelle le charme. Et du charme, Isabelle d'Orléans Bragance en avait à revendre. Au point d'agacer ses proches, et surtout feu son mari. Rien ne lui résistait quand elle voulait s'en donner la peine. Surtout pas les messieurs.
En ce 11 juillet 2003, la Comtesse de Paris écoute la rumeur du monde qui monte jusqu'à elle. Pour la dernière fois. Madame, selon le titre que les monarchistes français lui donnent, Madame sourit, se moque un peu et s'amuse beaucoup. Depuis le début de l'après-midi, les abords de la chapelle royale de Dreux, le Saint Denis des Orléans, bruissent d'une rumeur qui sonne familièrement à ses oreilles, celle des grands "Tralalas" royaux. Cette fois, il s'agit de ses propres funérailles. Des funérailles qui lui ressemblent et qu'elle aurait aimées.

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Les "Grosses légumes" sont là

Les "Royautés", les "Grosses légumes" comme elle disait, sont là : Une reine douairière, Fabiola des Belges, une impératrice en exil, Farah d'Iran, un prince régnant, celui de Liechtenstein, un prince héritier, celui de Monaco, une infante d'Espagne, quelques princes de Luxembourg et de Savoie, sans oublier la pincée d'archiducs autrichiens indispensable à la réussite de toute cérémonie royale qui se respecte. (...)
Comme d'habitude, tout ce beau monde s'est un peu chamaillé autour du sujet de conversation favori du Gotha : le "Placement". Qui aura droit à son fauteuil doré et à son prie-dieu ? Le prince Henri, comte de Paris et fils aîné de la défunte, a tranché en réservant cet honneur à lui-même et à sa seconde épouse, Michaëla. Son "ukase" n'a pas plu à tout le monde.
Et les rebelles ont attendu la fin de la cérémonie pour se manifester. Au moment précis où l'évêque de Chartres lançait le traditionnel "Donnez-vous la Paix", la reine Fabiola de Belgique s'est levée de son fauteuil. Après s'être inclinée devant le cercueil, elle a traversé le choeur pour aller embrasser les proches parents de la défunte. Laissant à sa gauche, le Comte de Paris et son épouse, elle s'est dirigée résolument vers la première du rang des dames : Marie-Thérèse de Wurtemberg, duchesse de Montpensier, première épouse du même Comte de Paris et mère de ses cinq enfants. Une manière ferme de rappeler à tous que, dans une église en tout cas, seule compte leur union religieuse, qui n'a jamais été annulée par le Saint Siège.

Ce geste, un peu théâtral, aurait enchanté la Comtesse de Paris. Elle qui depuis 20 ans s'ingéniait à ignorer avec beaucoup de constance la seconde épouse de son fils aîné. Imitée en cela par une bonne partie du clan familial. Mariée civilement depuis 1984 au prince Henri de France, Michaëla Cousino Quinones de Leon, n'a pas souvent été conviée aux fêtes de famille. Et surtout pas aux spectaculaires anniversaires de sa belle-mère. Lors de leurs rares rencontres fortuites, cette dernière se contentait de la saluer d'un rapide "Ah, c'est vous".
Une "Guerre des Dames" qui ne manquait pas de cruauté, d'un côté comme de l'autre, entre deux femmes intelligentes mais profondément différentes et séparées à jamais par un mur de convenances et de traditions. (...)

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