Pour commencer cet article, on aurait pu dresser la listes des points communs entre Dinaw Mengestu et ses personnages, mais ce serait faire insulte à Ce qu'on peut lire dans l'air, admirable travail de reconstitution. Car il est plus juste de parler de reconstitution que de généalogie dans la quête identitaire (après Faute d'identité, de Michka Assayas, les écrivains rappellent décidement que l'identité n'est pas qu'une question de carte) qu'entame Jonas Woldemariam, personnage principal du roman. Celui-ci entame en effet un voyage sur les traces de ses parents, Yosef et Mariam, alors que leur couple battait de l'aile: de Nashville à un fort bâti par Jean-Patrice Laconte en 1687, le fils perdu cherche avant tout des réponses. En effet, il a lui-même perdu tout contact avec Amanda, son ex-femme: « Ça faisait trois ans qu'on ne s'était pas parlé, et bien plus longtemps qu'on avait cessé de se voir régulièrement » prévient-il au début de son récit. A l'époque où il vivait encore avec elle, Jonas apprend au lecteur que son travail consistait à "enjoliver" les demandes d'asile pour maximiser leur effet en cas de validation: l'histoire « trop banale » est conscieusement falsifiée pour correspondre aux « présomptions communes que la plupart d'entre nous partagions quand il s'agissait des populations pauvres de lointaines contrées étrangères. » Jonas, qui rédige des "passés" à longueur de journée, n'a pas assez d'éléments pour connaître le sien.
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