On ne parle pas encore de divorce ou de rupture, mais de "séparation temporaire". Décidément, le porte-parole de la Zarzuela est devenu maître en doux euphémismes. Comme le prouve son communiqué de presse envoyé aux médias : "''La duchesse et le duc de Lugo, l'infante Elena et Jaime de Marichalar, ont décidé de mettre temporairement fin à leur vie maritale.''" A ces paroles, diplomatiques et sibyllines, la fille aînée du roi Juan Carlos a préféré, elle, la clarté des actes. Après douze années de mariage, la princesse a quitté avec ses deux enfants, Felipe Juan, 9 ans, et Victoria Federica, 7 ans, le domicile conjugal et s'est installée dans son ancien appartement du quartier madrilène de Salamanca. Un "break", dirions-nous aujourd'hui, qui risque bien d'être définitif. Même si d'après le quotidien catalan La Vanguardia, l'infante veut se "donner du temps pour réfléchir à son avenir conjugal en pensant toujours au bien-être de ses enfants". A quelques jours de son quarante-quatrième anniversaire, Elena a voulu mettre fin à de longs mois de rumeurs concernant « la crise, grave et prolongée, de son couple », selon l'expression du journal El Pais. Un triste dénouement pour ces deux membres, aimés et populaires, de la famille royale d'Espagne. Seulement voilà, ces quelques années de vie commune ont fini par sérieusement écorner cette image de "couple fusionnel" et d'éternels amoureux... Ne s'étaient-ils pas rencontrés en novembre 1987 dans un Paris romantique et terriblement cinématographique ? Ce coup de foudre avait d'ailleurs amené la Casa Real à annoncer leurs fiançailles le 23 novembre de la même année. "''Nous sommes éperdus de bonheur''", avaient-ils affirmé alors. Le mariage célébré en la Cathédrale de Séville, le 18 mars 1995, fut un véritable événement planétaire suivi par des millions de téléspectateurs à travers le monde. Personne n'a oublié les larmes d'une princesse stressée ayant oublié de demander, comme l'exige la tradition, la permission à son père pour prononcer le "oui" sacramentel. Pour les monarchistes, cette union était avant tout un symbole. Il n'y avait pas eu de mariage en terre d'Espagne d'une fille de roi depuis celui de l'infante Maria Theresa, sœur d'Alphonse XIII, en 1906 ! S'il n'était pas de sang royal, Jaime de Marichalar y Saenz de Tejeda, héritier d'une veille famille aristocratique de Soria et banquier au Crédit Suisse à Paris, apparaissait comme un gendre idéal. Parfaitement accueilli au sein de la famille royale, l'hidalgo aussi élancé qu'un Bourbon avait réussi à "relooker" son épouse à grand renfort de tenues Haute Couture. Son côté esthète et grand connaisseur du milieu de la mode était une nouveauté dans une famille royale où l'on préfère de loin les cirés marins aux derniers modèles créés par Hedi Slimane. Alors qu'il est frappé, en 2001, par un grave accident vasculaire cérébral, la presse espagnole commence à parler de "''ses problèmes relationnels''" avec l'infante.
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